Le mouton et la laine
Au fil des périodes, les techniques de transformation de la laine en tissu ont évolué jusqu'à l'informatisation actuelle. Pourtant, quels que soient les progrès réalisés, les principes de base, les étapes restent les mêmes et sans doute n'est-il pas inutile de mieux les connaître pour saisir la peine et le savoir-faire des hommes.
D'après les recherches archéologiques et scientifiques, l'ancêtre de notre mouton serait le mouflon d'Asie. Sa domestication se déroula en premier lieu en Irak, vers 8900 avant Jésus Christ. Selon toute vraisemblance, l'arrivée du mouton sur notre territoire, sous sa forme domestiquée, daterait du VIIe millénaire. Petit à petit la laine s'imposa dans le domaine du textile et remplaça les vêtements de peaux.
Tout au long de l'histoire du mouton on chercha à améliorer les qualités productives de " la bête à laine "par l'introduction d'espèces étrangères, telles que le mérinos. Ce mouton porterait le nom des fonctionnaires espagnols chargés du contrôle de la commercialisation de la laine fine sur les territoires repris aux Arabes. Son introduction officielle en France, en 1786, achève une évolution des toisons vers une plus grande finesse de la laine, qui évita un long processus de sélection sur le cheptel autochtone.
Au XXe siècle, les ressources ovines françaises et coloniales ne répondant pas aux besoins croissants de l'industrie, les grands centres textiles tels que Tourcoing vont se tourner vers l'Australie, la Nouvelle Zélande, l'Union Sud Africaine et la République Argentine où domine depuis la fin du XIXème siècle, le mérinos croisé (croisement entre la race mérinos pour la laine et les races anglaises pour la viande).
Dès l'époque romaine, on sait différencier les qualités de laine en fonction de leur origine, sur le corps de l'animal, mais aussi selon quelles ont été prélevées sur l'animal vivant ou mort. Dans le premier cas on parlera de laine de toison ou mère, qui s'oppose à la laine de délainage que l'on récupère sur les peaux des moutons destinés à la boucherie. Enfin une troisième catégorie dite laine de récupération provient de l'effilochage de tissus usagés ou des déchets récoltés tout au long des opérations textiles.
Le succès de cette matière première s'explique par son aptitude naturelle au filage et au tissage. En effet, les fibres de laine, étudiées au microscope, présentent des écailles caractéristiques qui, lors du filage, vont s'accrocher entre elles et ainsi constituer un fil continu et cohérent.
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