La vie à la campagne

    Dans les campagnes, filature et tissage fournissaient du travail à des milliers de femmes et hommes qui travaillaient à façon, à domicile pour le compte d'un marchand-fabricant qui fournissait la matière première, orientait le travail et revendait tissus et rubans. La brouette, très utilisée dans la région pour les petits transports entre négociant et tisserand, fit surnommer de " broutteux " les habitants de Tourcoing. Le tisserand se rendait à l'hôtel particulier du négociant qui lui confiait la laine brute ou déjà filée pour la fabrication d'une pièce de tissu qui représentait quinze jours de travail.
Cliquez pour agrandir    Il s'agissait généralement d'activités d'appoint : du champs, on passait, l'hiver venu, au pied du rouet ou du métier à bras. Des générations de tisserands-paysans ont vécu ainsi au rythme des saisons, dans de petites maisons construites en simple rez de chaussée, avec pignon sur rue. Elles comportaient généralement une grande salle commune (cuisine, salle à manger avec le grand poêle), une ou deux chambres derrière et l'atelier : une pièce enfoncée de 1 à 2 mètres dans le sol pour ménager l'humidité nécessaire en ne laissant entrer que peu de lumière pour ne pas jaunir fil et étoffe. " L'otil ", cette machine à cadre de bois actionnée par des pédales, était placé le long du mur, laissant à peine assez de place pour le siège du tisserand.
    Femme et enfants participaient activement aux différentes phases de fabrication (filage, bobinage, tissage). Cette aide familiale ainsi que l'allongement des journées de travail (13 à 15 heures) compensaient l'insuffisance des salaires et l'irrégularité de la distribution d'ouvrage.
    La grande industrie supplanta le travail à domicile dès les années 1890 pourtant il se maintint dans les secteurs ruraux , en particulier dans le tissage : en 1913, près de 4000 métiers à bras fonctionnaient encore dans le Cambrésis et en Flandre intérieure.

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