L'avenir de la laine
A l'aube des années cinquante, suite à la modernisation des techniques, les effectifs ne sont certes plus ce qu'ils étaient avant guerre, malgré tout, à Roubaix et Tourcoing, 70% des emplois relèvent toujours de l'activité textile et le Nord-Pas-de-Calais assure encore 80 à 85% de la production lainière française.
L'automatisation et la pression du marché impliquent des rythmes sans cesse plus soutenus. La productivité est devenue un maître mot dans les ateliers et les primes de rendement font partie intégrante des salaires ouvriers. Les conditions de travail restent donc rudes, en effet température et humidité élevées restent toujours indispensables à la solidité des fils.
Sur fond de mondialisation, les années de crise ont progressivement multiplié les fermetures d'usines, suppressions d'emplois et plans nationaux de soutien : en l'espace de trente ans, le textile a perdu les trois quarts de ses effectifs. La décennie quatre vingt a été dominée par de vastes manuvres financières qui modifièrent sensiblement le paysage textile et transformèrent cette industrie en branche hautement capitalistique. C'est alors que les grands empires familiaux se sont étiolés les uns après les autres tout en générant des réussites exceptionnelles telles que la VPC (La Redoute dès 1919, les 3 suisses..), la laine à tricoter (Phildar, Pingouin...)ou encore la grande distribution.
Les pertes d'emplois ont été accompagnées de fermetures d'entreprises. Il n'est pas rare de voir ces usines vides, bâtiments de briques noircis par le temps, dans le paysage nordiste. Certains édifices qui, on peut le dire, font partie des meubles tant leur architecture est caractéristique et chargée d'histoire, ont déja bénéficié d'une judicieuse reconversion et d'une restauration fidèle à leurstyle. Ainsi, la filature Motte-Bossut à l'entrée de Roubaix, toujours hérissée de ses tours crénelée abrite aujourdh'ui le Centre des Archives de Monde du Travail et les services d'Euro-Téléport et l'ancienne usine Prouvost-Masurel à Fourmies a été reconvertie en écomusée.
En ce début de XXIème siècle, le secteur porteur d'avenir est le textile dit "technique".Conçus pour être hautement performants dans leur domaine d'application, on trouve déjà ces textiles, souvent associés à des résines dans des domaines aussi divers que : l'agirculture (culture hors sol...), le bâtiment (poutre légères à longue portée) la chirurgie (prothèse osseuses) ou le sport (voiles, cordages, skis, cadres de vélos...). Le textile nordiste du troisième millénaire n'a donc pas fini d'avoir besoin de bonnes doses de savoir-faire ajoutées d'une pincée d'imagination. Semé de hauts et de bas, son parcours n'a pas été linéaire mais la qualité a souvent été synonyme de réussite ; il n'y a donc pas de raison de croire que le future démentira cette réalité.
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